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A l'occasion des Journées Européennes des Métiers d'Art 2017, Sandrine Roudeix, photographe et romancière, a sillonné les routes de France pour partir à la rencontre de professionnels d'exception. Transmission, coopération, transdisciplinarité, préservation environnementale... Tous se font les ambassadeurs des liens à l'honneur pour cette 11ème édition. #SavoirFaireDuLien

C’est une deuxième vie pour Thomas Formont.

C’est ce qu’il me confie à peine installé dans sa camionnette blanche aux flancs logotypés. Son grand-père était ébéniste et Thomas, diplôme de commerce en poche, a voyagé en France et à l’étranger, avant de suivre les pas de son aïeul. C’est décidé, lui aussi gagnera sa vie avec ses mains ! Petit détour par un CAP « Ferronnerie » pour apprendre les rudiments et le voilà qui se lance. D’abord en tant qu’employé métallier à Lilles et Rennes, puis tout seul dans un minuscule garage à Saint-Malo. Avant d’ouvrir son propre espace de 360 m2 à Arras, d’où est originaire sa compagne. Deux ans et demi plus tard, il croule sous les commandes, m’avoue-t-il fièrement en clignant ses yeux clairs de Petit Prince.

Tout en me faisant visiter la ville d’un tour de volant, les célèbres places aux façades pastel, les maisons aux toits bicornes dont il s’inspire, l’ancienne citadelle en briques orange construite par Vauban, il m’explique qu’il adore le métal. S’il a commencé par apprivoiser le bois, c’est le fer qui l’a tout de suite attiré. Pour la portance. Pour la force cachée sous la finesse.

Dans le centre-ville où nous nous baladons avant de rejoindre son atelier, il me montre le toit de la Cathédrale Saint-Vaast dont il a restauré les verrières, puis, derrière la citadelle, l’une de ses premières créations, une porte défensive en fer forgé pour un apiculteur où il a sculpté le mot « Citabeilles ». « C’était à mes débuts… Si je la fabriquais aujourd’hui, je ne m’y prendrais pas de la même manière », s’excuse-t-il. C’est qu’avec le temps, à force d’expérience et de lectures, ce quasi autodidacte est devenu l’un des quatre principaux ferronniers de la région.

Aux côtés de Cirice, expert du travail à chaud, et de François, ancien ingénieur en bureau d’études passé maître dans l’art de la mécanique qu’il me présente à peine garé, il a décidé d’inventer un mode de travail qui colle à sa philosophie de vie : le partage. Son regard papillonne au-dessus de sa chemise à petits carreaux. « Je suis convaincu qu’on n’est rien tout seul ! ». Et de me raconter qu’il projette de créer dans les bâtiments voisins une pépinière d’artisans avec un cabinet d’architecte, et même un laboratoire de prototypes. Tandis que je saisis mon boitier pour commencer la séance avec ses deux comparses, il s’enthousiasme : « Et encore, je ne vous dis pas tout ! Il faudra revenir… ».

Texte et photographies signés Sandrine Roudeix.

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